Ce qu'en dit la presse 
Article paru en avril 2009 lors du Festigay de Paris au Théâtre Côté Cours:
Le troisième festival parisien du théâtre gay et lesbien s’est
achevé dimanche soir après la représentation d’une très belle
pièce à deux personnages, « Le Bruit du silence » qui, hélas, n’est
pas au palmarès. C’est le psychotique « Penetrator » qui se taille la
part du lion d’un palmarès manifestement plus gay que gai, les
comédies ayant été assez injustement oubliées.
Quelques spectateurs auront conjuré leur flemme dominicale
pour venir applaudir « Le bruit du silence » et ne l’auront pas
regretté. Leur présence aura aussi récompensé la témérité de la
troupe venue spécialement de Marseille pour seulement deux
représentations (dont la première la veille à 22 heures, horaire
d’horreur). Le vote du public étant clos dès samedi, cette pièce
magnifique ne risquait pas d’entrer en concurrence avec les
autres. C’est dommage car c’est assurément le spectacle qui
illustrait le mieux l’intitulé même de ce festival. Une mise en
abyme du travail de comédiens et d’auteurs est au cœur de ce
texte d’une très belle intensité, très écrit et qui met en parallèle
personnages réels et protagonistes faussement fictifs.
Le bruit du silence donc… Une directrice de casting accepte de
recevoir un ultime candidat qui se présente avec beaucoup de
retard mais surtout d’insistance. Il lui joue le monologue d’Hamlet,
le truc le plus tarte qui soit. Revêche à outrance, elle se
sociabilise peu à peu avec ce comédien un peu en dehors des
clous et finit par lui donner le rôle, celui d’un garçon atteint du
sida et qui a laissé en mourant son journal intime. Le garçon
n’était autre que le frère de cette jeune femme dont les fissures
vont se lire à cœur ouvert au fil des répétitions. Egalement
auteur du texte, Bruno Gallissa livre une éblouissante
performance, jouant sans cesse d’une force tranquille à la Julien
Boisselier et d’une voix posée sans extravagance et rendant plus
terrible de facto les rares points d’acmé lorsque s’intensifie le
drame. Sa partenaire, plus à l’aise dans la seconde phase de son
personnage que dans le rôle de la peau de vache du début, lui
donne admirablement bien la réplique. Un gros travail de mise
en scène pour suggérer cette paroi de l’incompréhension contre
laquelle butent les protagonistes et une astucieuse alchimie des couleurs (accessoires, décor, vêtements), conjuguées à la
puissance du texte font de ce spectacle une vraie réussite qui
aurait largement mérité de figurer au palmarès.
http://www.festigay.com/
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ARTICLES PARUS LORS DU FESTIVAL D'AVIGNON
Un monstre tapi dans le noir
"Un hymne à l'amour et frappant. Ceux qui ne sont plus là ont laissé leurs messages. Ni haine, ni remord. Beau, spontané, humain. Mais pas une fable, juste la vérité de soi dans le plus grand dépouillement. Bruno Gallisa, juste et vaillant; Florence Kleinbort, volcanique mais jamais soumise. Leur travail est remarquable de justesse. Tant au niveau de la mise en scène que de l'interprétation."
Mireille HURLIN- Le Dauphiné Avignon- 08/07/03
Une pièce émouvante et intelligente
"L'écriture juste et sensible de Bruno Gallisa lui permet d'évoquer avec courage et sincérité ce sujet qui effraie toujours autant. Sa mise en scène sert le texte avec simplicité et laisse de l'espace pour de belles émotions sans jamais tomber dans le piège du drame pathétique et du psychodrame. Il interprète également le rôle d'Alexandre à qui il donne toute sa sensibilité et sa sincérité. Florence Kleinbort campe le personnage de Carole avec une étonnante force d'interprétation et de conviction."
Loic Hello- Théâtrothèque- 18/07/03
Ce n'est pas le silence que l'on connaît habituellement.
"Et pourtant les faits sont là, les témoignages sont saisissants, le jeu de l'acteur ne laisse aucun doute sur la déchéance physique que crée la maladie, mais on peut être reconnaissant aux deux comédiens de nous entraîner là où ne veut pas aller, cet inconnu qui faut peur: la maladie, la mort. Tout au long du spectacle, on se prend à convoquer intimement quelques bribes de sa propre vie, à reconnaître ses propres interrogations et l'on ressort de là ouvert et rempli à la fois. On est prêt à entendre, à accepter, à recevoir la souffrance de l'autre et sa propre condition d'homme mortel. Il est rassurant de vérifier encoure une fois que la théâtre a aussi cette vertu, qui dépasse le simple divertissement, de nous rendre meilleur et humble."
Michèle Villon-Midi Libre- Avignon Off 2003
Réflexion des biens portants
"Le décor est vide, rempli de silence, même l'écho en semble absent. Le Bruit du Silence est assourdissant, parce qu'imposé dans la solitude. Il envahit le spectateur qui se remet en question devant l'innommable maladie -sida- qui fait de l'homme moderne une proie accidentellement innocente de la grande faucheuse. On retire de cette pièce l'insondable silence que peuvent vivre des hommes et des femmes exclus de leurs tribus. Ils ont eu le tort d'être victime de cette maladie. Le théâtre est il une thérapie universelle qui ose sortir l'homme de son mal de vivre? Peut être bien?"
Tom Hazel- Journaliste-Avignon Off 2003
Témoignages de spectateurs
Rumeurs, bruits de fond... Le sujet se révèle lourd à aborder. Besoin d'éclairage, d'explications. Carole recherche un comédien capable de jouer avec elle pour tenter d'apaiser la douleur provoquée par la mort brutale et anonyme de son frère Daniel, du SIDA. L'aventure est pour elle ambitieuse et risquée: le théâtre et la mise en scène des dernières conversations et des notes personnelles de son frère pourront-ils l'aider à trouver des réponses au mutisme de son frère pendant sa maladie? Alexandre, l'acteur qui accompagne Carole avec nous dans ce défi, me touche tout au long de leur partage de vécu et d'émotions, par la patience, le calme, la tendresse mais aussi la détermination dont il fait preuve afin de porter le témoignage de Daniel jusqu'à son terme. La nature de son caractère contraste avec celle de Carole, plus virulente, emportée car en pleine souffrance, de laquelle elle ne parvient qu'à extraire des interrogations sans réponse. Les moments où elle parvient à étouffer sa colère, pour laisser exprimer la blessure profonde qui a affecté douloureusement son être sensible dans sa totalité sont à mes yeux les plus violents sur le plan de l'émotion, car d'une sincérité offensive qui me permet d'entrevoir une large part du sens qu'elle souhaite donner à son entreprise théâtrale. Par les différents chemins et moyens psychologiques qu'elle emprunte pour y parvenir, elle soulève en moi de nombreuses interrogations portant sur les silences qui entourent le SIDA et qui pèsent sur la condition de ceux qui en souffrent.
Frédéric Loquet
Très liée à ma sœur, j'ai été touchée par cette histoire qui raconte une forte fraternité. Le frère s'emmure dans le cloître du silence depuis qu'il a appris être porteur du virus du SIDA.Il s'isole alors de sa sœur qui ne comprend pas pourquoi son frère, sa chair est si loin si différent. Lorsqu'elle tombe sur son journal intime après son décès et décide d'en faire une pièce de théâtre. Elle raconte comment le mur s'est entre eux dressé dans leur âme. Un mur symbolique les sépare tout au long de la scène, et, je sens, j'imagine à quel point l'un et l'autre sont si loin mais si proches. Je perçois alors comme il est à la fois simple et difficile de sortir du silence.
D'ailleurs, le comédien qu'elle embauche pour jouer le rôle de son frère dans sa pièce (Alexandre) est lui aussi séropositif. Et là, je ressens la difficulté qu' Alexandre a d'approcher le rôle du frère , puisque lui aussi a choisi le silence. Et quand il le joue, je vois combien il en est proche. En imaginant à quel point ce qu'il peut ressentir est fort et douloureux en même temps, je trouve cet exutoire très vrai et touchant. Bizarrement, je me sens soudain proche de lui (Alexandre ou le frère ? peut-être les deux). Quel soulagement, lorsqu'enfin, ce mur tombe et ces corps se retrouvent, car toute la pièce durant ils auront joué chacun de l'autre côté du mur. Le bruit de ce silence tombe et le silence du partage et de la présence de ceux qu'on aime fait disparaître celui de la solitude.
Chérine Amar